Un progrès génétique constant

Le maïs est une des plantes pour laquelle l’expression du progrès génétique est la plus flagrante. Comparé aux autres plantes majeures cultivées dans le monde, elle est celle qui affiche le progrès génétique le plus dynamique.

Un progrès génétique constant, un renouvellement variétal qui s’accélère

Elle le doit à deux caractéristiques qui sont liées : le caractère hybride et sa variabilité génétique naturelle acquise par la sélection  variétale. En outre, son statut de première plante cultivée dans le monde  justifie les investissements considérables et les efforts de recherche consentis par les obtenteurs. En effet, les entreprises investissent en moyenne 13 % de leur chiffre d’affaire annuel dans la R&D, faisant du secteur semenciers un des plus dynamiques en matière d’innovation.

La France, par la qualité de son terroir, de son environnement de production et la technicité de ses agriculteurs, s’est imposée comme le « laboratoire » de l’Europe en matière de développement de nouvelles variétés. De fait, sur un marché où la segmentation et le renouvellement variétal, tant en grain qu’en fourrage, sont particulièrement forts, la production de semences doit faire preuve d’une importante souplesse.

Le réseau français, par sa diversité pédo-climatique et la qualité de ses producteurs, offre cette souplesse et est capable de gérer la mise en terre d’un nombre de variétés considérables. Ce sont donc près de 1900 variétés commerciales qui sont produites par an, en moyenne.

La France est ainsi le premier pourvoyeur de diversité génétique en Europe, soutenant une segmentation fine du marché, qui donne à l’agriculteur accès à un panel élargi de solutions pour répondre aux problématiques de son exploitation. En outre,  le marché des semences de maïs est caractérisé par  un fort renouvellement variétal, un « turn-over » rapide en raison du caractère hybride de la plante et aussi, de plus en plus, par l’appétence des producteurs à bénéficier chaque année au meilleur de la sélection variétale et à l’essence du progrès génétique.

Rendement et régularité

C’est l’expression la plus évidente et facile à mesurer du progrès génétique. Depuis l’introduction de variétés hybrides en Europe dans les années 50, le rendement  moyen en maïs a plus que doublé. Et ce n’est pas terminé. Ce progrès génétique constant représente un gain moyen  de 1.2 q.ha et par an qui s’exprime à tous les niveaux de rendement, dessinant une courbe continue depuis plus de 50 ans. Une amélioration de la productivité qui s’accompagne d’une plus grande régularité de rendement, résultant d’une résistance supérieure aux aléas climatiques, aux ravageurs et aux maladies.

Tolérance au stress hydrique

La sélection variétale du maïs travaille depuis longtemps à améliorer la tolérance du maïs au stress hydrique. La progression continue des rendements du maïs dans le monde, alors que la proportion de maïs irrigué reste stable, en est une preuve. L’effort des sélectionneurs a principalement porté sur la période de floraison, stade à la fois le plus sensible au stress hydrique et le plus décisif pour la fabrication du rendement. Les méthodes de sélection moderne, combinant génomique et traitement massif des données issues de l’observation dans un grand nombre de lieux devraient encore accélérer ces progrès. Enfin, il ne faut pas oublier que l’augmentation des rendements pour l’agriculteur résulte de la combinaison judicieuse du potentiel de la semence et de la maîtrise de la conduite de la culture.

 

Précocité et vigueur au départ

La création de lignées européennes (issues de plantes acclimatées en Europe depuis le 17ème siècle) et leur croisement avec des lignées américaines ont permis de précocifier les hybrides et d’accroître leur tolérance aux températures basses. La sélection de variétés très précoces a permis la culture du maïs dans certaines régions réputées froides du nord de l’Europe. Sous l’effet du réchauffement climatique, depuis le début des années 2000, la tendance est à la précocification des dates de semis en Europe occidentale, particulièrement dans les régions atlantiques. Cette stratégie appelée stratégie d’esquive   a pour objectif d’échapper en partie aux  déficits hydriques de plus en plus marqués  en fin de cycle.

Elle permet aussi de déplacer certains stades sensibles aux attaques de parasite.  Cette stratégie a une contre-partie : elle oblige à disposer d’hybrides plus robustes au départ et capables de supporter des implantations plus lentes au printemps. C’est pourquoi on ne peut dissocier précocité, esquive, vigueur au départ des variétés  et, bien entendu, qualité des semences. Cette stratégie est aussi perceptible dans des pays au climat continental comme les USA.

Tolérance aux maladies et ravageurs

Le maïs est une des cultures qui reçoit le moins de traitement chimique. Il le doit d’abord à sa tolérance « native » aux maladies fongiques. Néanmoins, le choix variétal permet de diminuer l’exposition à certains risques comme les fusariums ou l’helminthosporiose. L’impact d’autres maladies ou de ravageurs peut être efficacement maîtrisé par la combinaison du choix variétal et de stratégies de culture adaptées (travail du sol, dates de semis et de récolte, mulching des résidus de récolte, rotation des cultures etc..).  Dans certains cas, c’est la combinaison de la sélection et des techniques culturales qui permet de combattre très efficacement (on peut alors parler de résistance) et sans l’aide de produits phytosanitaires des ravageurs importants ou en progression (pyrale, chrysomèle).