Implantation

L’implantation conditionne souvent de façon décisive le niveau de rendement. La maîtrise de l’ensemble des paramètres de cette étape clé est indispensable pour optimiser la culture du maïs. Du choix variétal aux bonnes pratiques lors du semis, petit tour d’horizon des réflexes à adopter pour bénéficier de tout le potentiel de la génétique hybride.

 

La préparation du sol

Préparation du sol parcelle de maïsLes différentes opérations de travail du sol ont pour objectif de créer une structure favorable à l’enracinement et à la levée.

Le maïs s’enracinera beaucoup mieux dans un sol homogène, même un peu tassé, que dans un sol creux ou une succession d’horizons de porosité très variable. Pour atteindre cet objectif et quel que soit l’outil ou la phase de travail, labour ou reprise, on interviendra sur un sol ressuyé. La préparation du lit de semences, précoce pour les sols argileux, au dernier moment pour les sols les plus battants, devra être accomplie avec le moins de passages possible.

 

La préparation de sol idéale n’existe pas et fera souvent l’objet d’un compromis avec le climat, les jours disponibles, le niveau d’équipement et la taille de l’entreprise. On veillera surtout à ne pas laisser le sol se dessécher entre les passages des différentes façons culturales et à conserver un profil rappuyé pour conserver l’humidité du sol.

Le choix variétal

Le choix variétal est un élément stratégique de la culture moderne du maïs. Il doit rester le choix de l’agriculteur.

On a vu qu’il détermine à la fois le potentiel de rendement atteignable dans le créneau climatique disponible (potentiel de rendement, précocité) mais aussi certaines caractéristiques garantissant d’atteindre cet objectif avec plus ou moins de sécurité (tolérance au stress, maladies…).

Critères décisifs :

  1. Le potentiel de rendement
  2. La régularité des performances et la tolérance au stress hydrique
  3. La précocité physiologique et les qualités qui y concourent : vigueur au départ et vitesse de dessication en fin de cycle.
  4. La tenue de la tige et la résistance aux verses

Critères secondaires :

  1. Tolérance aux maladies du feuillage (helminthosporiose) ou de l’épi (fusarium)
  2. Port et taille de la plante

La date de semis

Important comme pour toutes les cultures, le choix de la date de semis doit permettre d’exploiter toutes les possibilités climatiques d’une région.

Le choix de la date de semis est un compromis entre la nécessité d’occuper le plus vite possible le maximum d’espace climatique afin d’exprimer tout le potentiel de la variété choisie :

  • Le sol doit être réchauffé mais pas desséché. Le maïs germe quand la température du sol atteint 6 à 8°C. Rappelons que la température du sol s’élève progressivement et régulièrement au printemps quelles que soient les variations de la température de l’air.
  • Le profil ne doit pas être desséché car les semences ayant besoin d’eau pour germer, un horizon qui se dessèche provoque des levées irrégulières très pénalisantes pour le rendement.
  • Le niveau d’équipement réservé au semis est l’autre variable à prendre en compte : nombre d’éléments semeurs (ou nombre de semoirs), semoirs rapides…Ces questions d’équipements deviennent essentielles quand on doit semer des surfaces de plus en plus grandes dans des créneaux favorables courts.

SEMIS DE MAIS DANS UNE PARCELLE DE PLAINE : CONTROLE DE LA PROFONDEUR DE SEMIS

Le choix de la densité de la culture : le socle du rendement

Le rendement est le résultat direct du rayonnement intercepté par le couvert (donc l’indice foliaire lié à la densité de plantes) et la durée de son fonctionnement (donc la précocité= durée du cycle).

 Les bases de raisonnement de la densité de semis sont donc :

  1. La précocité des hybrides,
  2. Le potentiel de rendement accessible (alimentation en eau)
  3. La destination (récolte en grain ou plante entière),
  4. Eventuellement le type de sol et le type génétique

La densité au semis est l’objectif de la densité à la récolte augmentée des pertes prévisibles pendant la durée du cycle.

Il faudra par conséquent :

  • Adapter la densité à la précocité : c’est-à-dire compenser par le nombre de plantes, le nombre de feuilles plus faible des variétés précoces et/ou un rayonnement limitant.
  • Assurer une égalité de concurrence entre plantes voisines afin de ne pas provoquer de stérilité chez les plantes dominées. Le taux de fertilité (nombre d‘épis pour 100 plantes) est un bon indicateur physiologique pour juger de la qualité du peuplement. Il doit être supérieur à 95 %.
  • Protéger l’appareil végétatif contre les parasites pouvant affaiblir sa capacité de photosynthèse (animaux : pucerons, acariens ou champignons : helminthosporiose, fusariose des tiges …).
  • L’écartement standard entre les rangs de semis (75 à 80 cm) joue un rôle positif pour le maintien en bon état des feuilles basses en permettant à la lumière de pénétrer dans la végétation, mais un écartement plus faible pour mieux maîtriser les levées de mauvaises herbes avec un compromis à 50-60 cm est aujourd’hui l’objet de nombreux essais.

Règlages semoir maïs

> La réponse à la densité dépend de la précocité de la variété :

Plus la plante est tardive, plus elle possède de feuilles, il faut donc moins de plantes à l’hectare pour avoir un indice foliaire et donc une interception de la lumière suffisante.

> La réponse à la densité dépend du type de sol :

Les sols légers ont des réponses à la densité plus forte et ont besoin de plus de plantes/ha pour atteindre le potentiel que les sols lourds. Les chernozems sont intermédiaires.

Avec les hybrides modernes les risques liés à la surdensité sont plus limités (épis plus petits mais rendement conservé), même en cas de sécheresse modérée que les conséquences d’une densité trop faible qui empêche à la variété d’exprimer son potentiel (car la faculté de compensation du maïs est limitée)

La profondeur et la qualité du semis

On recherche une levée rapide et homogène. La régularité de la profondeur d’enterrage est essentielle pour l’obtenir. Le principal facteur de sa maîtrise est une vitesse modérée de semis adaptée à la technologie du semoir : 5 à 7 km/h pour les semoirs classiques modernes, jusqu’à 10 km/h pour les semoirs « rapides » les plus récents. Le semoir est le principal outil du maïsiculteur, il veillera à son entretien.

La graine doit être au contact de l’humidité et dans des conditions d’aération suffisante pour permettre la germination :

  • suffisamment profond (≥ 4 à 5 cm) pour échapper au gel, aux oiseaux et au dessèchement superficiel du sol ;
  • pas trop profond (< 9-10 cm) afin de limiter l’épuisement des réserves de la graine par l’élongation du coléoptile,et réduire la durée de l’émergence pour échapper aux parasites animaux et végétaux.

Selon le type de sol et la date de semis, on placera la graine entre 4 et 7 cm de profondeur en veillant à obtenir :

  • un sol ressuyé mais pas desséché autour de la graine avec suffisamment de terre fine pour favoriser le contact sol-grain ,
  • des mottes plutôt en surface dans des sols battants, le maïs ayant une bonne aptitude à lever dans les sols motteux ou pierreux,
  • un enterrage régulier pour avoir une levée la plus synchrone possible. La régularité de profondeur est plus importante que la régularité d’espacement sur le rang.

L’engrais starter : une technique utile pour réussir l’implantation. L’effet starter est le supplément de vigueur au départ provoqué par la localisation près des racines séminales d’une concentration d’engrais phosphorique. Dans des conditions d’installation lente de la culture (printemps long et frais, sol froid, blanc, à réchauffement lent), ou dans les sols préparés de façon minimum qui se réchauffent plus lentement, il devient indispensable.

 

Pour en savoir plus

Plus d'informations dans le Guide Technique de la Culture du Maïs